Promotion de la Tolerance en Milieu Carceral

Select This

Select solutions you want to learn more about and connect to the appropriate solution provider.

Au cœur de ce programme, l’approche a été d'investir sur les détenus pour contrer le processus de radicalisation au sein et au-delà des prisons du Royaume du Maroc. L'approche a été testée dans 7 prisons et vise à atteindre 22 000 détenus. Il s’agit d’engager les détenus à risque élevé dans deux processus parallèles d'inclusion sociale qui se renforcent mutuellement : les impliquer dans des débats constructifs avec le personnel religieux sur les réalités destructrices du discours radical, et leur conférer des moyens de subsistance qui leur permettent de générer des revenus, des emplois sécurisés et donc assurer une réinsertion pacifique dans la société. L'approche innovante et novatrice de l'utilisation des éducateurs pairs a été élaborée et mise en œuvre en partenariat avec la Rabita Mohammadia des Oulémas (RMO), une institution religieuse renommée à l'échelle nationale et internationale, pour diffuser des connaissances religieuses éclairées qui contribuent à contester et à déconstruire le discours radical et à combattre l'extrémisme. Avec l'appui du programme, l'administration pénitentiaire a pu professionnaliser pleinement des unités de production avec des machines, des outils et des matières premières de haute technologie. Ces ateliers ont permis aux détenus d’acquérir des qualifications à des emplois professionnels à part entière, et ainsi faciliter leur réinsertion sociale à leur sortie de prison.

Decent Work and Economic Growth , Peace, Justice and Strong Institutions , Partnerships for the Goals

Le lien entre les prisons et la radicalisation est averé. Dans bien des cas, les auteurs de terrorisme ont des antécédents criminels et certains ont été recrutés ou radicalisés en prison. Un récent rapport du Centre international pour l'étude de la radicalisation et de la violence politique a révélé que 57% des personnes interrogées avaient été incarcérées pour diverses infractions avant leur radicalisation et au moins 27% ont été radicalisées en prison. Globalement, on observe que le nombre de prisonniers radicalisés rejoignant des groupes extrémistes violents ou commettant des actes terroristes est en augmentation. Cela pose un double défi aux autorités pénitentiaires : d'une part, les prisonniers non-radicalisés doivent être protégés de l'influence potentielle des détenus radicalisés ; d'autre part, des méthodes pratiques et efficaces de désengagement de la violence et des idées violentes doivent être envisagées pour les détenus lorsqu’ils sont en prison ainsi qu’après leur libération. De plus, la solution vise à prévenir et protéger les jeunes de la radicalisation. Le processus de radicalisation et de recrutement des jeunes à risque, à l'intérieur et à l'extérieur des prisons, repose sur les mécanismes de l'endoctrinement par le biais des réseaux sociaux. Il cible des individus marginalisés et exclus, dans des contextes où la famille ne joue plus son rôle protecteur en raison de la pauvreté et d’autres facteurs économiques et sociaux. La vulnérabilité des jeunes détenus en fait des proies plus faciles pour les auteurs de discours violents, en s'appuyant sur le manque de possibilités d'inclusion sociale et économique et le désir d'appartenir à une communauté «forte» qui leur fournira des moyens de subsistance alternatifs.

Le processus de promotion de la tolerance, au sein de la population carcérale, a été expérimenté dans 7 établissements pénitentiaires au niveau national dont 1 prisons pour femmes et un quartier pour femmes.

L’accompagnant des détenus à risque élevé se fait à travers deux processus parallèles d'inclusion sociale qui se renforcent mutuellement :

1) le développement de compétences leur permettant de générer des revenus à travers des emplois fiables et par conséquent, une réinsertion harmonieuse au sein de la société;

2) la participation des détenus à des débats et activités constructifs avec les conseillers religieux sur la réalité destructrice du discours radical.

En matière de formation professionnelle le projet a permis la mise en place de 6 unités de production : menuiserie, maroquinerie, tissage de tapis couture traditionnelle, tapisserie et poterie céramique dans 4 prisons. L’équipement en machines, matériels et matières premières nécessaires pour le fonctionnement des ateliers, permet à environ 400 hommes et 100 femmes par an non seulement de travailler mais aussi d’acquérir une formation qualifiante, véritable enjeu d’une réinsertion durable et réussie.

L’approche préventive adoptee, a été développée en collaboration avec la Rabita Mohamamdia des Oulémas (RMO). Cette approche consiste principalement en la déconstruction du discours radical. Lors de ce processus le langage utilisé est simple et le débat libre, l’objectif n’étant pas de produire un contre discours mais un discours alternatif. Il s’agit dans un premier temps de s’appuyer sur la religion pour permettre le développement personnel, ainsi que de revenir sur les interprétations proposées par les organisations qui promeuvent un discours et des actions violentes.

Pour ce faire, un système de formation d’éducateurs pairs a été mis en place, en s’appuyant sur un contenu méthodologique (guide) ainsi que des supports didactiques mis en place par la RMO. Ceci afin de véhiculer un discours de tolérance auprès de leurs pairs ainsi qu’en l’apport d’un arsenal didactique et pédagogique aux éducateurs pairs leur permettant de mieux sensibiliser et éduquer leurs pairs.

L’approche d’éducation par les pairs a permis la sélection et la formation de 220 détenus qui ont sensibilisé 11 000 détenus à ce jour (aout 2017). L’objectif est d’atteindre 22 000 détenus d’ici la fin de l’année (2017). De plus, 40 membres du personnel de prison (32 membres du personnel et 8 conseillers religieux) ont été formés à un renforcement du discours sur la tolérance, ainsi que sur les stratégies et les pratiques relatives à la lutte contre le discours radical en milieu carcéral.

Au niveau professionnel, 6 unités de production (menuiserie, maroquinerie, tissage de tapis couture traditionnelle, tapisserie et poterie céramique) ont été mises en place dans 4 prisons. L’équipement en machines, matériels et matières premières nécessaires pour le fonctionnement des ateliers, permet à environ 400 hommes et 100 femmes par an non seulement de travailler mais aussi d’acquérir une formation qualifiante, véritable enjeu d’une réinsertion durable et réussie.

Morocco

Gouvernement du Japon

DGAPR , PNUD Maroc , Rabita Mohammadia des Oulémas

Our Partners